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Indonésie

Les derniers grands rouquins…

5 Oct , 2016  

Auteur : Laurent /

Mardi 3 novembre

Départ vers 8h00 de la guest house.
Chacun notre tour, le collègue de Jhony nous emmène en scooter à quelques kilomètres de là, et nous dépose au bord d’une petite route, près d’un sentier, le début du trek. Pas un bruit, seulement la jungle.
Jhony nous rejoint avec son collègue, et cuisinier, avec les vivres pour trois jours.
A 9h00, nous commençons à marcher. Tous les quatre équipés de guêtres, contre les sangsues.

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Nous croisons de nombreux petits singes, des colonies de termites, des arbres géants, beaucoup de papillons et nous faisons quelques arrêts pour enlever les dizaines de sangsues collées à nos guêtres.
C’est là qu’Alex se rend compte que son appareil photo ne fonctionne plus ! M….!
Il ne supporte apparemment pas les 98 pourcents d’humidité… Elle n’aura eu le temps de prendre que quelques fourmis en photo.

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Des termites !


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Nous arrivons près d’une rivière vers 12h30. C’est ici que nous allons établir notre campement pour la nuit.
Nous laissons donc notre « gros » sac ici, pour retourner marcher.
Alex, en retirant les sangsues, s’aperçoit qu’il y a un petit trou dans une de ses guêtres.
Il n’en fallait pas plus à une belle grosse sangsue pour en profiter.
Une belle sangsue, un beau trou et plein de sang. Et comme la petite bête injecte un anti-coagulant, bah, ça coule, ça coule…

Jhony nous prépare un café après avoir fait un feu, et son collègue lui, prépare le déjeuner.
Ce sera des noodles, mais cette fois, faites maison et très bonnes !

Après le déjeuner, les deux gars montent la tente, qui n’est en fait constituée que de deux bâches plastiques transparentes et quelques branches. Après le montage, nous en profitons pour faire une petite sieste…

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14h30, nous repartons marcher à la quête de ce pour quoi nous sommes venus.
Ce grand singe roux en voie critique d’extinction des forêts d’Indonésie. (A cause de l’huile de palme, tiens encore !)
L’orang-outan de Sumatra.

Nous marchons tout l’après-midi, mais rien. Jhony s’arrête, écoute, regarde en l’air, toujours rien, à part quelques Macaques, et des Thomas leaf monkey.
Nous retournons au campement vers 17h00, sans l’avoir trouvé, mais c’est comme ça la nature.
On n’est pas au zoo.

Nous prenons un bain dans la rivière, et on en profite pour se laver (au savon bio !) avant de diner, vers 18h00.

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La nuit est tombée et ici c’est le noir total. Juste le bruit des animaux.
19h30, fatigués nous allons nous coucher. Quelques lucioles dansent au dessus de nous, dans un moment magique, et vont nous aider à nous endormir et nous faire rêver, peut être…

Mercredi 4 novembre

Réveil à 7 heures. Petit déjeuner café et pancake en pleine jungle, s’il vous plait !
Il a pas mal plu cette nuit et la rivière a bien grossi.
Nous repartons tous les trois en quête du grand rouquin.
Nous croisons des macaques, des centaines de papillons, mille-pattes, d’autres insectes bizarres, et bestioles en tout genre, quand soudain Jhony s’arrête…

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Et là, il lève le doigt, sans rien dire.
Tout en haut des arbres, on aperçoit une tache rousse. On attend, puis on le voit.
Il se déplace de branche en branche, notre premier orang-outan sauvage.
Magnifique. C’est une femelle qui porte son petit, accroché dans ses poils.
Nous la suivons discrètement, mais elle ne met pas longtemps à nous repérer.
Elle s’arrête même, et nous regarde. Nous passons la matinée à suivre plusieurs individus, seuls, à deux ou trois.
Nous tombons sur une femelle, son bébé accompagné de son grand fils. Ils sont suivis par un Gibbon noir avec ses grands bras. Et comme nous le raconte Jhony, il s’est retrouvé seul après le braconnage de sa femelle, et cherche de la compagnie en suivant les orang-outans.

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Le gibbon noir, très difficile à apercevoir !

Le gibbon noir, très difficile à apercevoir !

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Des moments magiques, que l’on n’est pas près d’oublier.
Nous avons aussi la chance d’entendre et d’apercevoir sur la canopé, de grands toucans.
Mais comme nous l’explique Jhony, tous ces animaux qu’il voyait par dizaine il y a quelques années, sont de moins en moins nombreux et auront surement disparus d’ici 4 à 5 ans. Vu la vitesse à laquelle la forêt primaire, habitat de tout ces animaux, est détruite, rasée où brulée.
Nous sommes vraiment chanceux de pouvoir les voir encore à l’état sauvage.

Après cette matinée d’émotion, nous retournons au campement pour déjeuner vers 12h00.
A 14H30, nous démontons le camp, et brulons les quelques déchets.

Nous devons traverser la rivière et Jhony se charge de passer nos sacs, car il a vraiment l’habitude.
Nous, pieds nus sur les cailloux au fond de l’eau on galère, et ça fait mal, surtout que le courant est assez fort.
Les macaques eux, se font un plaisir de se ruer sur nos déchets végétaux laissés au campement.
Mais c’était fait un peu exprès.

Une fois la rivière traversée, nous reprenons la marche, et c’est un peu plus difficile.
La pluie a détrempé la terre et le terrain est un peu plus en pente et accidenté.
Alex se charge de porter le sac, car mon genou donne des signes de faiblesse.

Une petite heure de marche et nous arrivons au nouveau campement, toujours près de la rivière,
et d’une source chaude. Le collègue de Jhony a déjà monté la tente.
15h30, pas grand chose à faire si ce n’est une petite toilette au bord de la rivière, mais attention, car la rivière est déchainée.

Nous profitons de cette pause pour faire quelques photos (avec le camescope !), vidéos, de paysages et d’insectes.

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Cuisine à ciel ouvert.

Cuisine à ciel ouvert.

Piment à disposition.

Piment à disposition.

Préparation sauce piment sur un rocher.

Préparation sauce piment sur un rocher.

Cuisson des œufs dans la source chaude.

Cuisson des œufs dans la source chaude.

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Nous dinons vers 17h30, à cause de la tombée de la nuit. Nous allons nous coucher vers 20h30.
Nous dormons tous les quatre alignés dans la tente, quand soudain, en pleine nuit, Alex sent comme un « gros chat » lui passer sur les jambes, Jhony se réveille, et il allume sa lampe, et cherche quelque chose.
Et là, un gros rat fait le tour à l’intérieur de la tente à fond, et fini par sortir par un petit trou.
Waouw, ça fait tout drôle !

Bref, nous tentons de nous rendormir comme on peut.
Le sol est très dur et la rivière fait de plus en plus de bruit.
On a l’impression qu’elle va nous engloutir. Bonne fin de nuit…

Jeudi 5 novembre

Réveil à 9h00 et petit déj au bord de la rivière, assis sur un rocher, on profite de l’instant, on parle avec Jhony et son collègue.
Jhony nous indique à quelques mètres du camp, un endroit où nous relaxer dans un jacuzzy naturel, rencontre de la rivière et d’une source très chaude.
Quelle bonheur de se détendre au milieu de la jungle dans un bain d’eau chaude avec la rivière qui coule à côté de nous !
Toute bonne chose a une fin, nous devons partir, après une heure de détente.

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Rivière avec son "jacuzzi" fumant !

Rivière avec son « jacuzzi » fumant !

 

On ré-enfile ses guêtres anti-sangsues !

On ré-enfile ses guêtres anti-sangsues !

Nous quittons le camp vers 11h00 pour quarante minutes de marche, et retrouver l’endroit où l’on doit traverser la rivière.
Le problème est que la rivière a beaucoup grossi, et pour nous, pas habitués, c’est compliqué.
Jhony prend nos sacs et arrive à la traverser avec quand même quelques difficultés.
Maintenant c’est à nous. Je propose à Jhony de traverser à la nage.
Elle ne fait qu’une dizaine de mètres de large, et même si le courant est assez fort, en nageant perpendiculairement,
je dois y arriver et atteindre la plage avant les rochers.
Je dois y arriver ! En plus j’ai vu plein de fois Tarzan le faire, M….!

Je me lance, je plonge et nage à toute vitesse, mais le courant est très fort, il me déporte, mais j’arrive tout de même à atteindre la petite « plage ».
Jhony était là au cas où.
Maintenant c’est au tour d’Alex. Je lui répète les mêmes consignes que pour moi.
Jhony et moi sommes postés dans l’eau pour la rattraper.
Elle se jette, elle nage de toutes ses forces mais le courant est plus fort, il l’emmène, et là, Jhony et moi la rattrapons au passage !
Ouf, que d’émotion. Mais tout va bien. C’était pas si dur !

Nous faisons une pause pour le déjeuner, il est 13h00.
Nous profitons de cet arrêt pour faire des images de la multitude de papillons qui nous entourent et d’un magnifique lézard cuivré.

Un joli lézard cuivré.

Un joli lézard cuivré.

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14h30, c’est l’heure de rentrer. Après un dernier café fait avec l’eau de la rivière, nous prenons le chemin du retour.
Cette fois, Jhony tient à nous faire prendre un autre chemin et nous montrer une autre partie de la jungle qui est déjà en train d’être rasée.
Une partie du « parc national », le Gunung Leuser National Park, qui n’en a plus que le nom car, plus protégé depuis que les colons hollandais sont partis.
Nous voyons devant nous en direct le phénomène inexorable de la déforestation Indonésienne, pour y planter encore et toujours des palmiers à huile…

Nous arrivons finalement par un petit chemin très glissant au milieu de la végétation luxuriante, juste derrière la guest house au moment où la pluie reprend.
Jhony nous remet officiellement les badges et stickers de l’aventure, et nous remplissons le livre d’or.
Quelques jours incroyables, inoubliables, gravés à jamais. Une faune et une flore qui aura disparu dans peu de temps…
La nuit commence à tomber. Il est près de 20h00 quand Jhony doit nous quitter pour rejoindre sa famille à Kuta cane.
Nous lui disons au revoir et nous allons nous coucher après diner.

Vendredi 6 novembre

Grasse mat à Ketambe pour Alex, moi je bosse sur le montage de l’interview avec jhony.
Nous prenons notre café-pancake, vers 10h00.
Puis étendage du linge humide, dû au séjour dans la jungle, et nous refaisons nos sacs.
Après une nuit « d’aération », l’appareil photo d’Alex semble re fonctionner, c’est une bonne nouvelle.
On nettoie nos chaussures de randonnée, bien recouvertes de boue, mais le temps est couvert, et la pluie s’est remise à tomber. Elles vont avoir du mal à sécher.
Nous nous affairons sur notre terrasse lorsque nous avons la visite des Thomas leaf monkeys, dans les arbres autour de la cabane. Ils sont là, chez eux, dans leur univers. Nous sommes presque des intrus, mais nous restons discrets.

Thomas leaf monkey

Thomas leaf monkey

Nouvelle chambre...

Nouvelle chambre…

...et joli balcon.

…et joli balcon.

Il est près de midi et nous devons aller à Kuta Cane, la « grande ville », pour retirer de l’argent.
On sort et on commence à marcher sur la route en attendant qu’un bémo passe.
Nous marchons sur 1km et nous décidons de nous arrêter.
On attend devant une maison où sèche du cacao, parterre, presque sur la rue. Pas grand monde.

Un homme arrive en moto, s’arrête et nous parle, mais on ne comprend rien. Il repart. Un bémo arrive, on saute dedans et on arrive sur Kuta Cane vers 13h30. On retire de l’argent, on mange vite fait dans un boui boui local, ici pas de touristes, et rien à faire non plus. On repart.
Un jeune se balade dans la rue avec un petit manège et je lui donne un coup de main car il galère pour le manœuvrer.

On reprend un bémo. Celui là est bourré à bloc. Je commence par m’assoir sur le marche pied arrière, à l’envers, puis je finis, debout en me raccrochant au toit, car j’ai laissé les « mémés » s’assoir dedans.
Un jeune qui squatte sur le toit pour maintenir des paraboles, me propose de monter, mais avec mon genou en mousse, pas possible, surtout en roulant !

Bref, on arrive près de notre arrêt, en fait au milieu de nul part. Je fais comme tout le monde, je prends le petit fil électrique qui pend du camion pour lui faire toucher la carrosserie. Ça allume une petite lumière dans la cabine du chauffeur, et il s’arrête… Moderne !

15h30, retour au bercail. Fin d’après-midi tranquille. Alex lit, moi je bosse sur l’ordi. Dîner et au lit.

Samedi 7 novembre

Nous payons notre dû pour le séjour, soit 711.000 roupies (48 euros).
Nous quittons la Pondok Wisaya Guest house vers 9h00.
Cette fois en taxi collectif, direct pour Medan. On ramasse quelques personnes, le taxi est plein, c’est parti. Le chauffeur allume la musique, un peu fort, ça va être long…

On s’arrête quand même à plusieurs reprises, dont une fois pour le déjeuner dans un resto.
Encore une tentative pour nous arnaquer. Tous les indonésiens choisissent leur plats.
Nous les touristes, on nous remplit la table de plats, histoire d’avoir une belle addition si on ne dit rien.
Mais on refuse tout et prenons seulement une assiette chacun de poulpe et riz. 40.000 roupies. (2,50 euros)

On reprend la route. La mamie à côté de nous ne trouve rien de plus intelligent que d’acheter, à son petit fils de cinq ans, une glace. Dans une chaleur étouffante. Par ici le carnage !

On arrive enfin sur Medan mais le chauffeur doit déposer un des passagers à l’aéroport en premier.
Il revient enfin sur Medan pour nous laisser à notre hébergement, mais il a du mal à trouver.
Nous finissons par y arriver vers 19h30, après dix heures et demi de trajet…

Petite guest house propre, tenue par des chinois, dans un Medan, disons, dégueulasse…

Ici c’est un peu le chaos dans la rue, ça pue, c’est sale et très bruyant, mais c’est aussi ça l’Indonésie, surtout pour cette ville où pratiquement aucun touriste ne vient.

Nous ne sortons pas diner, trop fatigués, nous nous contentons de manger quelques gâteaux, un ananas, et go to bed.
Mais c’est sans compter les trois mosquées qui nous entourent qui font leur appel à la prière à 4h30 du matin, hauts parleurs à fond ! Aïe, c’est dur !

Dimanche 8 novembre

Aujourd’hui, journée off.
On se contente, pour une fois, de la climatisation de la chambre, qui va « sécher » et redonner vie à l’appareil photo d’Alex. Dehors l’air est insupportable, chaud, humide, et pollué.
On sort juste pour déjeuner dans une resto à côté et pour aller porter notre linge au pressing.
Le soir on bricole pour manger en regardant un film. Fin de journée.

Lundi 9 novembre

Un café et une boite de donuts pour déjeuner dans la chambre. (Ça c’est pas très diététique !)
On transfert les vidéos, et on trie les photos. Nous faisons le check in en ligne pour le vol pour Sydney.
Histoire de bouger un peu, nous prenons un taxi pour aller dans un mall (centre commercial) pas très loin.
Summum du paradoxe, dans cette ville où tout est délabré, un centre commercial ultra moderne, où les magasins sont vides… de clients. On retire de l’argent et on ressort.

On en profite pour manger un bout juste en face et nous retournons à l’hôtel.
La soirée se passe tranquillement, et la propriétaire de l’hôtel, une chinoise, nous fait la gentillesse de nous apporter à chacun, une assiette de soupe aux champignons faite maison, pour le diner. Sympa !

C’est la fin de l’aventure indonésienne qui aura durée deux mois et demi.
Malgré tous les bons moments et les choses exceptionnelles que nous avons vu, nous sommes soulagés de quitter ce pays où  malheureusement la mentalité est gangrénée par la corruption et l’arnaque, et surtout évidemment envers les touristes.

Après six mois de voyage, en grande partie en Asie, nous changeons de continent, direction l’Océanie…

(Toutes les photos de cet articles ont été prises avec le caméscope en raison du petit suicide provisoire de l’appareil photo !)


4 Responses

  1. Mamounette dit :

    Quelle belle sortie sous les arbres habités par des animaux extraordinaires. Pour ma part je préfère voir toutes ces petites bêtes sur vos très belles photos..
    C’est encore un superbe reportage pour nous faire vivre de bons moments et pour vous le souvenir de superbes expériences.

  2. nadiouche dit :

    salut les birds,
    Que d’émotions fortes, que ce soient ces arbres magnifiques, ces singes ou bien le super jaccusi naturel !
    Cependant, de l’émotion aussi pour l’histoire du rat et vos supers insectes trop bizarres, sans compter qu’alex s’est fait un peu bouffée.
    Images superbes malgré le petit suicide de l’appareil photo
    Bisous aux birds

    • FreeAs2Birds dit :

      Salut Nad,

      une de nos fidèles lectrices, ça fait plaisir !
      J’espère que nos récits reflètent bien ce que l’on vit car ça n’est pas évident à décrire.
      En tout cas, nous espérons que ça te fait ton petit feuilleton !
      Bisous et à bientôt !

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