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Indonésie,Philippines

Des trottoirs de Manille à la banlieue de Denpasar…

14 Fév , 2016  

Auteur : Laurent /

Dimanche 30 août

Arrivée à Manille à 18h00 de nuit, nous trouvons rapidement un taxi qui nous dépose à notre hébergement à une quinzaine de kilomètres dans le centre ville. La Chill Out Guest house. Gardien armé d’un flingue à l’entrée, ça donne le ton. Nous prenons notre chambre à 700 pesos, sans fenêtre, mais il ne restait plus que ça, et c’est juste pour une nuit. Il y a un écriteau au dessus de l’accueil : « NO, to the sexual tourism ». Ca n’empêche pas de voir surgir deux jeunes prostitués camées, jupe au ras la salle de jeu, au bras d’un occidental pour louer une chambre…Bref
Nous filons prendre une douche, vu la moiteur ambiante, descendons juste en dessous au resto de la guest house prendre un plat de pâtes en regardant sur l’écran géant « The Voice » Philippines. La petite fille des patrons, d’une dizaine d’années, obèse et capricieuse, se gave de chocolats et de bonbons devant l’émission, pendant que quelques jeunes filles dorment sur les trottoirs à quelques mètres de là… Nous avalons rapidement notre repas dans cette ambiance trop bruyante, et allons nous coucher, dans notre « placard », bercés au son du ventilateur.

Lundi 31 août.

9h00 du mat, dans la petite salle commune nous buvons un café devant télématin sur TV5 monde. Première fois que l’on voit la télé en trois mois. Nous profitons de cette pause pour booker un second vol pour aller directement à Bali. Nous avons décidé de ne pas visiter l’île de Java et nous ferons juste un passage à l’aéroport de Jakarta.
Nous sortons vers 11h00 trouver de quoi nous restaurer dans le quartier. Mais c’est un quartier un peu glauque, rien pour manger dans la rue. Des jeunes filles dorment sur les trottoirs crasseux, ainsi que plusieurs sans abris. Il y a des tricycles pourris garés un peu partout dans l’attente de clients. Il y a un gars qui bricole des vieux bidons carrés en métal à qui je demande ce qu’il fait. Mais il ne parle pas anglais, et je comprends en fait qu’il fabrique des petites pelles. Je lui fait signe du pouce en lui disant « good job ! ». Il est content et me réponds « thank you » avec un sourire sans dents.

Nous déjeunons dans un salon de thé, plutôt propret pour le quartier, un club sandwich pour moi et salade pour Alex.
Nous allons faire un tour voir la mer qui longe l’avenue à deux cents mètres à pieds. Mais le bord de l’eau est jonché de détritus et ça sent très mauvais. Nous rebroussons chemin, croisant tour à tour des calèches sans âges et des vendeurs de lunettes contrefaites qui tentent de nous interpeller.

Nous squattons la salle de la guest house jusqu’à 17h30, avant de prendre un taxi pour l’aéroport pour 250 pesos.
Le vol Cebu pacific de 20h50 pour Jakarta décolle enfin vers 22h00.

Nous atterrissons vers 1h30 du matin le 1er septembre et la navette de l’aéroport nous emmène au terminal 3 d’où l’on doit prendre le second vol cette fois direction Bali.
L’aéroport est fermé à cette heure et nous nous allongeons dans un recoin parterre le long des baies vitrées avec nos sacs comme oreillers et entamons une petite nuit, accompagnés de nos amis les moustiques qui ont décider de nous dévorer… Il fait très chaud et moite.

3h30 j’ouvre les yeux et une cinquantaine de femmes toutes voilées attendent l’ouverture juste à côté de nous. Nous sommes dans un pays majoritairement musulman. Le terminal ouvre enfin et nous nous installons cette fois sur un banc à l’intérieur pour tenter de dormir encore un peu. Là c’est l’opposé de dehors, la clim marche à fond.
A 4h30 nous enregistrons nos bagages et allons prendre un « café » chez Starbuck, ou devrais-je dire Starbeurk !
Le vol Air Asia décolle à 6h20 et nous arrivons à Bali à 9h00.

 

Nous marchons un peu à l’extérieur de l’aéroport pour trouver un taxi-meter, (taxi-meter veut dire un vrai taxi payé sur la somme que son compteur indique et non un prix forfaitaire souvent exagéré qu’il vous annonce au départ). Le chauffeur du taxi que nous arrêtons est sympa mais tente tout de même de nous vendre quelques excursions. Il nous emmène à Kerobokan pour 140.000 Roupies (9 euros), à une quinzaine de kilomètres chez un couchsurfer, Victor, trouvé sur le net. Kerobokan est en banlieue de la capitale, Denpasar, et pas touristique du tout.

Victor habite avec ses amis, Halim, Maya, et Agun, qu’il appelle « sa famille ». Ils habitent dans une maison assez spacieuse avec peu de meubles, et il y a une chambre à l’étage avec six couchages en lits superposés pour les couchsurfers.

Mais le plus étonnant, est qu’ils possèdent aussi une autre maison mieux aménagée juste en face, un peu plus exotique, dont les chambres sont réservées à la location en tant que AirB’nB, un peu bizarre, puisqu’ils accueillent aussi des gens gratuitement…

Victor est un personnage un peu étrange. Il a 35 ans, il se dit un peu guérisseur travaillant sur les énergies, dit avoir des parts dans deux sociétés à Jakarta, mais n’ayant pas besoin d’argent pour vivre…

Maya et Halim sont en couple, très gentils, ils vivent ici, mais on ne sait pas trop avec quels moyens. Et Agun, la vingtaine, un peu sôte, semble être l’employée de maison.

Nous nous installons dans la chambre avant de faire une sieste de onze heures à quinze heures, histoire de nous remettre de notre nuit mouvementée.
Puis nous sortons nous restaurer dans une cantine de rue locale à quelques pas, indiquée par Halim.

Ici la circulation est intense. Quatre vingt pour cent de deux roues, et le reste, voitures, camions. On roule à gauche, et pour ce qui est des règles de conduite, il n’y en a pas. On suit le flot des motos et scooters majoritaires, et on fait ce que l’on veut.
On double à droite à gauche, on roule même sur les trottoirs s’il y a trop de bouchons. Ca double tout le temps, n’importe comment et les voitures n’ont qu’a bien se tenir. Les feux rouges sont rares, et quand il y en a, on les respecte si on veut.
Il n’y a pas de stop et les croisements aux carrefours se font à celui qui osera le plus. Les ronds-point devraient se faire en tournant autour par la gauche, mais souvent on les prend par la droite quand on veut aller dans la rue tout de suite à droite.
Bref, un joyeux bordel que tout le monde à l’air de gérer avec insouciance. On ne voit jamais personne s’engueuler ou s’insulter pour quoi que ce soit, étonnant avec toute cette pagaille ! Le klaxonne ici ne sert pas à engueuler l’autre mais juste à le prévenir qu’on le double on qu’on est là. Du coup ça klaxonne tout le temps.

Nous arrivons à notre resto local en longeant la rue sans trottoirs, en évitant les gros trous, les fossés pleins de détritus et les égouts éventrés. Nous commandons un peu de tout sans parfois trop savoir ce que c’est, pour la modique somme de 25.000 roupies soit 1,50 à deux avec boissons ! Bon évidemment comme c’est la première fois Alex a commandé des la couenne de boeuf en sauce… Trop dégueu ! Mais on vient d’arriver !!!

Nous rentrons chez Victor et c’est l’occasion de voir quelques cours d’eau sur le chemin, le long de la rue, qui ici servent de décharge pour les ordures de toutes sortes, accompagné de l’odeur qui va bien. Et on ne sera pas au bout de nos surprises…

Nous rentrons vers vingt heures et nous discutons avec un gars dans la chambre, Tobias, un autrichien. Il nous dit que la wi-fi ne marche pas ici en ce moment, et que l’eau de la salle de bain est là par intermittence. Epuisés nous nous couchons direct !

Indonésie nous voilà…


2 Responses

  1. Kohler dit :

    Hello Laurent !
    Bravo pour ce texte de voyage qui est en quelques lignes un vrai reportage.Nous sommes à Manille (pour la 2ème fois en 2 ans) et connaissons aussi Denpasar. C’est tout à fait ça.
    Mais la description est si vivante que l’ex journaliste reporter que je suis ne pouvait qu’applaudir !
    Bravo et bon vent pour d’autres contrées
    Pierre

    • FreeAs2Birds dit :

      Désolé, je viens seulement de lire le commentaire, car notre wifi n’est pas top ici !
      Je vous remercie beaucoup pour les compliments et j’espère que vous profitez bien, autant que nous de ces superbes moments,
      à chaque coins de rue dans ce si vaste monde. Bientôt, à notre retour, nous pensons faire une mini série vidéo de notre tour du monde avec toutes les images que nous avons fait (soit 20000 vidéos).
      A suivre ! Merci encore. Bises

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